AUTOUR DE THELMA

& HOMMAGE A FERNANDO SOLANAS

LES 20 ET 21 AOÛT 2021

Thelma

« Après tant de films désespérément adolescents dès qu’il s’agit de sexe, Thelma fait plaisir à voir : oui, on continue à vivre après avoir fait l’amour avec quelqu’un, et oui cette personne, homme ou femme, devient une partie de votre vie dès que des sentiments sont en jeu. Bien sûr, la transsexualité de Thelma jette un trouble. Mais le projet cinématographique est ailleurs : comment réunir tous ces personnages dans un seul plan ? La réponse, en un plan-séquence dont la petite Eleni est le centre, donne envie d’aimer le monde entier. »

© Norbert Creutz, Le Temps

Le programme

Vendredi 20 août

18 h 45 – Accueil du public

19 h – Projection de Douleur d’amour – ouverte au public (gratuit)

Claudia Wonder, Thelma Lipp, Kassandra Terra, Condessa, Andrea de Maio, Stella, et tant d’autres transsexuelles tôt disparues, nous racontent leurs choix de vie, leurs inclinaisons, leurs tourments, leurs impasses, leurs plaisirs, leurs bonheurs…
Ce documentaire réalisé au Brésil en 1988 brosse le portrait du monde des trans au Brésil, et notamment celui de Thelma Lipp, célèbre animatrice de télévision et inspiratrice du film Thelma.

Échange à l’issue de la projection

20 h 30 – Projection de XXY  ouverte au public

Alex, une adolescente de 15 ans, a un secret : elle est hermaphrodite. Peu après sa naissance, ses parents décident de quitter Buenos Aires pour s’installer dans une maison de bois perdue dans les dunes. Le film démarre avec l’arrivée d’un couple d’amis accompagnés d’Alvaro, leur fils de 16 ans. Le père, un spécialiste en chirurgie esthétique, a accepté l’invitation en raison de l’intérêt médical qu’il porte à Alex. Tandis que s’affrontent les arguments d’adultes, plus ou moins tolérants, les jeunes se découvrent une attirance.
La réalisatrice Lucia Puenzo parvient à transcender la singularité du cas d’Alex pour décrire avec sensibilité la construction de l’identité de genre et de l’identité sexuelle à l’adolescence. Le portrait des parents (en particulier le contraste entre le père d’Alex et celui d’Alvaro) renvoie en miroir à la difficulté pour ces derniers d’abandonner petit à petit leur rôle protecteur et leurs attentes afin de laisser leurs enfants devenir librement ce qu’ils souhaitent être (G. Zimmermann).

Débat à l’issue de la projection

Samedi 21 août            

11 h – Lecture de Stone Butch Blues – sur invitation

Stone Butch Blues raconte l’histoire de Jess, né.e aux États-Unis dans les années 1950 au sein d’une famille juive et prolétaire. De son enfance rythmée par les interrogations des passant.e.s sur son genre (« c’est un garçon ou c’est une fille ? ») à son adolescence et sa découverte des bars de nuit où se côtoient lesbiennes, drag queens et travailleuses du sexe, de ses premières embauches en usine avec d’autres butchs à sa transition, jusqu’à sa rencontre avec le mouvement LGBT naissant, son parcours traverse les décennies et nous parle d’amour, d’amitié, de politique, d’identité.

Militant.e transgenre, communiste révolutionnaire, juif/ve laïc et activiste anti-raciste, Leslie Feinber, décédé.e en 2014 après des années de maladie, s’est inspiré.e de sa propre vie pour écrire ce roman, en 1993, « en hommage à la solidarité et à la construction de ces communautés qui nous permettent de tenir ensemble et de survivre à la violence de ce monde. »

Cette lecture a été proposée à Anne Comte

Le texte complet peut-être téléchargé ici

12 h 30 – Pause repas

13 h 45 – Projection de Thelma – ouverte au public                     

Au cours de leur voyage en Crête, Vincent découvre soudain que Thelma est une transexuelle qui n’a pas cessé de lui mentir pour le garder auprès d’elle. Partagé entre l’amour et la répulsion, il va devoir choisir…

Projection suivie d’un débat avec le public en présence des 2 acteurs principaux et de membres de l’équipe technique. Que sont devenus Pascale Ourbih, Laurent Schilling, les acteurs de Thelma, 20 ans après, en présence également de Thomas Hardmeier, le chef-opérateur, Loredana Cristelli, la monteuse, et Monika Bregger, la décoratrice ?

Interview de Pascale Ourbih

Pascale Ourbih et Laurent Schilling

Samedi 21 août

HOMMAGE A FERNANDO SOLANAS

16 h 30 – Accueil du public et des amis suisses de Fernando Solanas, en compagnie de Mathieu Grégoire-Racicot

Pour ce qui me concerne, au début de 2001 – j’avais alors presque 50 ans – je me demandais quels films je pourrais encore produire ou réaliser. Je voulais pour la 2e fois arrêter le cinéma. La première fois, c’était entre les 2 tournages de Hyènes en 1990 – 91. Mais heureusement, j’ai rencontré Fernando Solanas, qui par son courage et son abnégation, m’a redonné goût à la vie et réconcilié avec le cinéma.

Je souhaite re-visionner les deux films que nous avons tourné ensemble – en réalité un seul grand film qu’il a fallu scinder en deux pour rendre l’ensemble plus digeste – récompensés par un Ours d’Or d’Honneur à Berlin, et restaurés l’année dernière.

Apéritif de bienvenue

17 h30 – Projection de Mémoire d’un saccage – ouverte au public

En décembre 2001, l’Argentine a subi l’un des effondrements économique et social les plus brutaux qu’un pays ait pu connaître en temps de paix. Ce pays riche et sa population ont vécu dans leur chair et de plein fouet l’ensemble des traumatismes dénoncés par les altermondialistes : ultralibéralisme éhonté́, spoliation des biens de l’état, explosion de la dette extérieure, corruption politico-financière massive, qui a abouti à̀ un véritable génocide social.

20h15 – Projection de La dignité du peuple – ouverte au public

L’humanisme de Solanas le conduit à̀ insister sur toutes les initiatives individuelles qui se développent: cantines de pauvres, campements improvisés, banques de récupération des médicaments usages, autogestion des usines en faillite. En fin de compte, la plongée de Solanas dans les abîmes de la misère l’amène à formuler un formidable message d’espoir : toute une partie du peuple argentin, celle qu’il filme et celle qu’il aime, est animée par des idéaux de justice, d’entraide et de progrès. C’est cela la dignité́ du peuple. » (Romain Lecler)

Nous solliciterons les présences de Sergio Ferrari, ex-journaliste au Courrier, Norbert Creutz, ex-journaliste au Temps, l’équipe de Longo Maï, Walter Ruggle, distributeur en Suisse des films de F. Solanas, Amnesty, etc.

Interview de Solanas par Norbert Creutz, Le Temps, 24.4.04

Interview de Solanas par Sergio Ferrari, Le Courrier

Joschka Fischer, ministre allemand des Affaires étrangères, remet un Ours d’or d’honneur à Fernando Solanas