AUTOUR DE YAABA

HOMMAGE A THOMAS SANKARA

LES 25 ET 26 JUIN 2021 

Yaaba

« Si l’on a le sentiment de découvrir le monde tel qu’on peut l’imaginer avant l’invention du cinéma, dans l’émerveillement du premier regard, c’est que le cinéma s’y abolit dans sa fonction ontologique, celle de n’être plus que pur regard. Ouedraogo ne fait pas des images, il voit et donne à voir, étendant sur la totalité de Yaaba ce que d’autres, même les plus grands, n’atteignant que dans des instants privilégiés, au prix de détours complexes. Il y a, dans cette contemplation sereine quelque chose qui nous renvoie à Ozu, une étrange façon de traiter le temps et la durée en termes d’espace : ce qui est une définition possible du cinéma.  »

© Joël Magny, Les Cahiers du cinéma, septembre 1989

Le programme

Vendredi 25 juin  

18 h – Accueil avec des images de Roger Meier sur le tournage de Yaaba au Burkina Faso, en présence de Catherine Gedda Meier – sur invitation

Apéritif de bienvenue

Mes premières heures en Afrique : un vrai chamboulement dans la vie du jeune cinéaste que j’étais. Je suis arrivé pour la première fois à Ouagadougou, à 4 h 30 du matin, 2 semaines après le tragique assassinat de Thomas Sankara.
Qui a tué le capitaine Sankara ?

19 h – Présentation des invités, introduction du week-end autour de Yaaba, de Sankara, du cinéma africain, des nouvelles priorités de la Suisse en Afrique, du néo-colonialisme, de quelques sujets qui fâchent…

19 h 15 – Projection de Ouaga, capitale du cinéma

En présence du réalisateur et directeur de festival Cinéma au Musée de Sousse (Tunisie), Mohamed Challouf.
Discussion (jusqu’à 20 h 30)

21 h – Projection de Yaaba ouverte au public

Idrissa Ouedraogo s’est démarqué du cinéma qui le précédait tout en répondant à divers reproches : « Je n’ai aucunement la prétention de représenter mon peuple ou les valeurs africaines. Quand on décide de faire de la fiction, on assume et on dit qu’on le fait pour soi, que ce n’est pas forcément un luxe, que cela peut permettre à la jeunesse africaine de rêver ! » Le cinéma est l’occasion d’interroger les origines: « L’Afrique n’inventera pas les thèmes. Ils sont préexistants ; ils appartiennent à l’humain. L’amour de deux enfants pour une grand-mère est universel, mais on n’en parlera pas de la même façon ».

En compagnie de Thierry Spicher et Mohamed Challouf.

Samedi 26 juin   

10 h 45 ­– Ouverture du Lido

11 h – Lecture du célèbre discours Au nom du peuple des déshérités de Thomas Sankara, par Robert Sandoz – ouverte au public (gratuit)  

En se présentant, le 4 octobre 1984, devant l’Assemblée générale des Nations Unies, le jeune capitaine burkinabè était loin d’imaginer que, 30 ans plus tard, la plupart des thèmes de son discours resteraient d’actualité. Pendant près d’une heure, sans faire de pause pour se rafraîchir, Sankara a livré sa vision des enjeux géopolitiques mondiaux. Guerre en Afghanistan, conflit israélo-palestinien, préservation de l’environnement, famine dans le monde… Autant de sujets abordés qui restent aujourd’hui d’une brûlante actualité, montrant à quel point il est urgent d’écouter ou de réécouter la ferveur révolutionnaire de l’icône de la jeunesse africaine. 

Le texte se trouve ici

12 h 30 – Repas sur invitation

Des repas simples seront servis gracieusement aux invités dans un restaurant proche du Lido. 

14 h 30Forum L’apport de Thomas Sankara et Idrissa Ouedraogo, au cinéma burkinabè – ouvert au public (gratuit)

« Lorsqu’on a pris la décision d’aller voir des films, de les critiquer, on a fait soi-même une démarche pour devenir un peu artiste. Et un peuple n’est jamais grand quand il n’a pas conscience de la culture, et la culture d’un peuple n’existe pas tant que les hommes eux-mêmes ne savent pas magnifier ensemble quelque chose de beau ».

Interview de Thomas Sankara  dans « Apprendre au peuple à aimer l’art ».

En présence de Philippe Fayet, Mohamed Challouf, Pierre-Alain Meier et quelques autres invités, animé par Thierry Spicher

17 h – Concert de Kara Sylla Ka – ouvert au public

Kara Sylla Ka, le prince de l’afro blues sénégalais – amoureux de reggae, de blues et d’afro-beat – renoue avec ses racines peules, dans un magnifique hommage à l’âme du continent africain. Ambassadeur de la musique sénégalaise en Suisse romande, marchant dans les pas des légendes que sont le Malien Ali Farka Touré et l’Américain John Lee Hooker, ses mentors de longue date, Kara Sylla Ka offre sa voix claire et subtile à des textes engagés à travers lesquels il réaffirme ses convictions humanistes et met en garde la jeunesse contre les pièges de l’émigration clandestine.

19 h – Pause repas

20 h 30 – Projection de Laafi Tout va bien de Pierre Yameogo – ouverte au public

Joe vient d’obtenir son bac avec mention, et souhaite entreprendre des études de médecine, car il estime que son père est mort par manque de bons médecins. Mais faute de pouvoir satisfaire sa demande, on lui suggère de s’adresser « plus haut ». S’ensuivent des démarches d’où ressortiront les lenteurs, les travers et la corruption au sein de l’administration burkinabè.

« Une comédie amère et légère qui colle à la réalité d’un pays et nous en dévoile les mécanismes sociaux. Il y a dans Laafi une vraie morale des images. C’est ce que nous attendons désormais du cinéma. »
© L’Evènement du Jeudi, Michel Boujut

En présence de Jürg Hassler, chef-opérateur et de Loredana Cristelli, cheffe-monteuse, et sous réserve, d’Antoine Yameogo, l’un des fils du réalisateur.
Discussion avec le public présent à l’issue de la projection